Histoire de transition

Karim, 38 ans.

J'avais besoin de comprendre ce qui me manquait avant de tout quitter.
Avant
Ingénieur en infrastructure, CDI dans un grand groupe. Stable, sans relief.
Bascule
Un projet personnel refusé. La décision de ne plus attendre la permission.
Aujourd'hui
Co-fondateur d'une startup agritech. Deux ans après.

Karim avait une idée depuis trois ans. Un projet autour de la gestion de l’eau en agriculture — technique, concret, dans son domaine de compétence. Il l’avait soumis à sa direction deux fois. Les deux fois, il s’était heurté à un “pas pour l’instant”. La troisième fois, il n’avait pas soumis.

Ce qui l’avait retenu pendant des années n’était pas l’incertitude sur le projet. C’était l’incertitude sur lui — est-ce qu’il était fait pour être entrepreneur ? Est-ce qu’il avait vraiment ce qu’il fallait ? Le bilan l’a aidé à répondre à une question différente : qu’est-ce que tu perdras si tu ne le fais pas dans cinq ans ?

La réponse était claire. Il a commencé à travailler le projet en parallèle de son poste, d’abord seul, puis avec un associé rencontré lors d’un hackathon. Ils ont levé une première mise de fonds modeste neuf mois plus tard. Karim a quitté son CDI sans filet, avec deux mois de trésorerie devant lui et un client signé.

Deux ans après, la startup compte six clients agriculteurs, un contrat avec une coopérative régionale, et deux employés. Ce n’est pas encore rentable. Mais Karim a arrêté d’attendre la permission.